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Fabyrinthe


Fusion avec mythologica.net

Salutations, J'ai laissé ce site à l'abandon depuis un moment, car une partie du contenu va être transféré sur Mythologica.net, le Fabyrinthe a officiellement fusionné avec depuis juillet 2009. Ceci est donc le dernier billet du Fabyrinthe sur cette adresse, avant très longtemps, pense-je.

Valrav(e)n - échos d'une légende peu sympathique !

Nous serions nombreux - (parait-il) parmi les djeunzes et les rôlistes- internautes, à entreprendre la grande quête du pseudonyme que personne ne peut deviner (!!!)

Et... Pur hasard (comme d'hab !) le mien fait écho à une légende danoise très sombre, celle du valravn, (qu'on traduira en français par valraven - à vrai dire, les seules sources sont danoises et allemandes, deux langues dont je ne comprend pas un mot :D Übber Køøl ! Je n'étais pas au courant jusque ce matin ! Mais... passons ;)

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Le valraven est une créature du folklore danois dont les premières mentions (semblent :D) dater de la fin du XIXe. Lorsqu'un roi ou un chef de guerre était tué dans une bataille sans être enterré immédiatement (et si les walkyries ne l'emmenaient pas, mais ça, c'est une autre histoire beaucoup plus ancienne ;)), des corbeaux venaient le dévorer. Cet acte les transformaient en valravens, soit sous une forme humaine de chevalier noir, soit sous une forme animale, celle d'un corbeau ou mi-loup, mi-corbeau.

Le corbeau qui dévorait le cœur d'un roi acquerrait en plus toute la connaissance de l'homme. Il se mettait alors à commettre toutes sortes de méfaits, comme égarer des gens dans le monde des morts ou utiliser des pouvoirs de destruction (dont je n'ai pas les détails) qui feraient de lui le plus terrible et le plus craint des animaux.

Un peu plus tard, le Valraven est devenu une âme perdue cherchant la rédemption. Il parcourait alors le monde la nuit, (sous forme de corbeau ou mi-loup, mi-corbeau) volant de maison en maison à la recherche du seul remède capable de lui faire retrouver sa forme humaine.
L'un de ces valravens rencontra une belle jeune vierge éplorée, qui plus que tout au monde désirait retrouver son fiancé perdu à la guerre. Elle ne savait où. Le valraven, lui... il savait où... et lui proposa de la porter jusqu'à son homme, mais bien sûr, pas gratuitement !

La jeune femme lui proposa tout ce qu'elle possédait en échange de ce service. De l'or, des bijoux, et quel tas d'or, un de ces tas d'or qui vous mettrait à l'abri du besoin jusqu'à votre mort, pour sur. Le valraven n'en avait cure, il refusa cette somme inimaginable pour n'exiger qu'une chose : son fils premier-né.

La jeune femme hésita mais la perspective de retrouver son fiancé lui importait bien plus que la perte d'un enfant à naître. Elle accepta et enfourcha le valraven, lequel l'emporta jusqu'à son homme en autant de temps qu'il en faut pour lire ces lignes avant de disparaitre à tire d'ailes sous couvert de la nuit.

Avec le temps, le jeune couple eut un enfant et la jeune femme avait évidemment oublié sa promesse. Le valraven reparut pour exiger qu'elle tienne parole. il n'y eut aucune échappatoire, il emporta l'enfant jusqu'à son nid inaccessible, perça sa poitrine avec son bec et se gorgea du sang qui s'écoulait du cœur.

Aussitôt, il se transforma en chevalier.

Je viens de créer l'article wiki à ce sujet : http://fr.wikipedia.org/wiki/Valraven

Valraven est aussi le nom d'un groupe de folk danois dont vous trouverez une vidéo juste là :

Vidéo du groupe Valravn

(Si vous ne comprenez pas un mot de ce qu'ils racontent, normal c'est du danois ! Du reste, le groupe est énergique, bouge et transporte comme il faut ;))

Remerciements au projet des créatures imaginaires de Wikipédia, aux traducteurs anonymes danois-anglais qui m'ont permit de passer à l'anglais-français, et à des gens - qui se reconnaîtront - et qui me donnent envie de faire le même boulot passionnant qu'eux, héhéhé !

Traîté de Faërie - critique

Le traité de Faërie est la première édition publique d’un hypothétique parchemin qu’Edouard Brasey a (re)découvert dans la bibliothèque nationale de Prague avant qu’il ne soit partiellement détruit lors des inondations de la Vlatva, en 2002. Un début d’histoire digne d’un thriller ésotérique pour cet ouvrage qui se veut un recueil de textes rares et précieux traitant d’elficologie, c'est-à-dire des elfes, des fées, du petit peuple, et par extension, de la plupart des créatures fantastiques qui abreuvent nos rêves.

La première chose que l’on remarque en tenant l’ouvrage dans les mains, c’est… Qu’il est beau ! L’effort de présentation pour avoir la sensation de tenir un vrai grimoire est à saluer, la découpe des pages façon parchemin, une vraie bonne idée, la couverture cartonnée permet de le faire tenir debout dans la bibliothèque, le dessin et les dorures dans les coins de pages rappellent les ouvrages d’antan. Le seul bémol concerne le titre, curieusement verni et brillant à la manière d’un livre moderne (.. ?)

Du reste, il ne manquerait qu’une couverture en cuir pour que tout soit parfait ! Et que l’on se rassure, son prix est…. Pareil à celui des nouveautés littéraire qui se respectent, c'est-à-dire de 19 euros.

Lorsqu’on l’ouvre, on constate que l’intérieur respecte également l’aspect de grimoire ancien, l’écriture n’est ni trop grosse ni trop serrée, la lecture facile et les pages parsemées d’illustrations en noir et blanc qui servent parfaitement le recueil, sans ôter le plaisir d’imaginer les créatures soi-même. La majeure partie de l’ouvrage est composée du traité de Faërie d’Ismaël Mérindol, premier récit d’elficologie daté de 1466. La prose n’est jamais lourde ni incompréhensible comme on pourrait le craindre avec ce type d’ouvrage, et l’on suit ce traité comme un petit roman d’aventures parsemé de rencontres avec des créatures féériques tantôt séduisantes, tantôt terrifiantes. On se pose plus d’une fois la question : Vrai ou pas ? Et finalement, la question n’est peut-être pas là, mais plutôt dans ces réflexions d’Ismaël lui-même :

« Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé »

« Mieux vaut-il boire en aveugle l'eau fraiche des fontaines que s'y noyer les yeux grands ouverts »

« Il est fort utile d'entendre le langage des bêtes, car c'est un langage de pure vérité que les hommes, avec toute leur science, ne savent plus comprendre. C'est pourquoi ils en sont réduits à la médiocre pratique du mensonge. »

« L'Ombre est un pôle éblouissant de la Lumière. L'Ombre ne cherche pas à éclipser la Lumière, mais à la sculpter, la souligner, la mettre en relief. Sans le fusain de l'Ombre, la page serait vierge et nos regards aveugles. »

Les autres textes ne sont pas inédits et si vous êtes connaisseurs du sujet, il est possible que vous les ayez déjà consulté. Cependant, ils complètent parfaitement le traité d’Ismaël Mérindol et offrent un tour d’horizon particulièrement intéressant sur l’elficologie au Moyen-âge et à la Renaissance.

Le mythe de Pégase

On utilise aujourd’hui le nom de Pégase pour désigner la « race » des chevaux ailés dans Donjons et Dragons, Magic the Gathering ou encore Warhammer. Mais à l’origine, il n’y a qu’un Pégase... Issu de l’époque où les dieux grecs fricotaient dans l’Olympe et aidaient parfois de nobles héros à débarrasser la terre des monstres horribles qui la peuplaient. J'ai fait don d'une grande partie de ma thèse de fac à propos du cheval ailé à la fondation wikipédia

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Midgard le Zénith - extrait

Val et Dan, frère et sœur dissemblables, affrontent de bien grandes épreuves pour rejoindre le Zénith... et pendant ce temps, l'inventeur Mendel d'Eaucloche présente l'oeuvre de sa vie...

Mendel rajusta son costume à carreaux et sa cravate Donald. La Disney sans Mac. Combien de longues minutes à patienter sur les coulisses du plateau de tournage ? Il ne les comptait plus, dix ans de préparations pour 300 secondes de gloire, c'est le lot de tous les inventeurs invités à l'émission télévisée annuelle où les prix sont remis. A la clé, subventions infinies et reconnaissance à vie. Mendel se frotta au mur pour éponger les gouttes de sueur cascadant le long de son dos. Chaud, stress, peur. C'est pas le moment, voyons !
- Monsieur d'Eaucloche ?
Il avisa un peu tard uen jeune femme blonde surmaquillée vêtue d'une courte jupette de cuir rehaussée de bijoux scintillants. Elle lui tendit la main pour l'entrainer sous les projecteurs. Il saisit sa mimine toute douce d'huile et se retrouva stupidement ébloui devant le présentateur de l'émission TV, Jean-Paul Fauku.
Clap-clap-clap-clap-clap-clap !
Les spectateurs cessèrent d'applaudir lorsque le chauffeur de salle abaissa une pancarte “applause”. Jean-Paul prit alors la parole.
- Il nous vient de Bordeaux, son nom : Mendel d'Eaucloche, son invention s'appelle le Révèlastral. Dites-moi monsieur d'Eaucloche, quel est ce curieux appareil que vous tenez entre les mains ?
Jean-Paul arracha l'objet à son propriétaire pour présenter de curieuses jumelles noires aux caméra. Elles en firent le tour, puis il reposa lourdement l'objet entre les bras de son propriétaire. Mendel réceptionna son œuvre d'une vie, sourit nerveusement et répondit :
- Avant de vous en expliquer la fonction, chers téléspéctateurs, je dois vous dire une chose importante : Il existe des dimensions invisibles parallèles à la notre.
- Rien que ça, monsieur d'Eaucloche ? Vous pouvez le prouver ?
- C'est le but de mon appareil, monsieur Fauku. Nous évoluons actuellement dans la 3° dimension. Comme au théâtre, nous vivons sur la scène, le visible. Je peux vous révéler les coulisses invisibles. Ces dimensions furent maintes fois décrites par les civilisations anciennes, dans le livre des morts égyptien, par exemple. Dans la mythologie scandinave également, où elles portent les noms de Midgard, monde des hommes, pour la nôtre, Niflheim et Helheim pour les étages inférieurs, Asgard et Alfheim pour les étages paradisiaques. Autrement, Paradis, Olympe, ça vous parle, n'est-ce pas ?
Mendel n'essuya que des regards bovins ou très dubitatifs. Aussi mit-il son appareil devant ses yeux à grands renforts de gestes théatraux. - Avec le Révèlastral, vous percevez les coulisses de la dimension où vous évoluez. Je vous fais une démonstration ... A votre droite, monsieur Fauku, se trouve une âme en peine. Surement l'un de ces pauvres hères que vous avez refusé dans votre émission voici quelques années. Houlàlà, il vous en veut ! Vous n'avez jamais trébuché dans des escaliers ou ressenti des angoisses dans les ascenseurs ?
- Monsieur d'Eaucloche, vous vous sentez bien ?
- Parfaitement bien, merci. Excusez-moi, dans le public, non, pas vous... à côté, la petite fille en bleu. Il y a une fée à tes cotés, tu as bien de la chance !

Horacide 2772 - extrait

(deux extraits d'Horacide 2772, roman en cours)

Un matin, la maîtresse d'école nous demande un matin de citer toutes les couleurs d'un feu. Rouges, jaune, orange sont rapidement donnés, et je surprend tout le monde en disant :
– Bleu !
– Non, Val, ce n'est pas bleu un feu !
– Pas vrai ! Quand maman elle fait la cuisine, il y a du feu bleu sous la casserole ! Et d'abord, je suis sûre vous faites la cuisine avec du feu bleu aussi !
Fort surprise, elle m'explique tant bien que mal que le « feu bleu » est en réalité du gaz.
– N'importe quoi ! Le gaz ça n'a pas de couleur ! Quand on fait un prout, madame, il est pas bleu !

(...)

- Chapitre "Valchimiste"

L'une de mes recettes contre-ennui favorites consiste à tambouiller des mélanges dans le lavabo de la salle de bain. Fonctionnaire et prévoyante étant un pléonasme, ma mère range soigneusement les produits dangereux pour ma santé, autrement, je serai déjà morte intoxiquée, empoisonnée, brulée au 3° degrés ou que sais-je. Je me rabat sur tout ce qui me tombe sous la main pour créer mes mixtures : le dentifrice, le fond de teint, les parfums, les crèmes de soin, un coup de crayonnage au rouge à lèvres par dessus, le tout forme un kaléidoscope d'odeurs, de sensations et de couleurs. Je teste, tirant leçons de mes erreurs sans rien attendre des autres. Un exemple : Ne mettez jamais de dissolvant. l’odeur est ignoble. Un regrettable accident met un terme à ma jeune carrière... Je suis quelqu'un de curieux, j’escalade les meubles en m'aidant de chaises et d'autres meubles. C'est ainsi que je déniche un minuscule flacon nommé « Chanel n°5 » au fin-fond d'un blanc placard.
Si bien caché, si petit, il ne peut s'agir que d'un élixir extrêmement puissant. La difficile escalade des meubles pour l'atteindre en est la preuve ! J'ai trouvé la Pierre Philosophale, la Manne, le Graal ! Je suis enfin libre !
J’en verse quelques gouttes dans un mélange à base de dentifrice Popsy à la fraise, de menthe et de shampoing aux œufs. Hélas, sous ma main malhabile, le flacon se vide en entier. Le résultat frappe délicatement mes narines, je le laisse mijoter quelques instants avant de l'évacuer dans la fosse sceptique des expériences enrichissantes. Je cache la preuve vide de mon forfait au fin fond des placards comme des archives de ma mémoire.

Hélas, la propriétaire de la pierre philosophale me châtie comme jamais...

Aeros Nyx - extrait

E3xtrait de la cinquième version d'Aeros Nyx

http://inlibroveritas.net/images/inlibro/couvertures/15181.jpg

Sur moi ! Un monstre !

– Un monstre ? Voilà qui n'est guère flatteur, petite fille.

– T'as raison M. le Pas-monstre ! Les monstres ils font que des cris comme « Groaarrr » , « Graouuu » ou « Miam un enfant ! »

– Excuses-moi, j'ai atterri dans ton grenier par erreur. Je repars vers d'autres cieux.

– Attends ! Snifff… bouhouhouhouh…

– Oh, non, ne pleure pas !! C'est d'accord... je reste un peu avec toi.

– Merci ! Merci ! Dis, tu es qui, Monsieur Pas-monstre ?

– Est-ce mon nom que tu demandes ? Je m'appelle Pégase …

– Je sais !

1) Poisson tropical dont les nageoires ressemblent à des ailes. Y'a pas d'eau dans mon grenier et les poissons, s'ils parlaient, ils se noieraient... Peut-être la 2...

2) Constellation étendue de l'hémisphère nord, visible au mois de novembre. On est en novembre ! Le 24, si j’ai bien compté. Mais les constellations, c’est plein d’étoiles super hautes dans le ciel. Les étoiles, elles sont trop petites et trop loin pour que je les entende. Donc, c'est la 3 !

3) Cheval ailé de la mythologie grecque, né du sang de Méduse. Alors t'es un cheval qui vole ? En plus tu parles ?

– Petite fille, as-tu appris un dictionnaire par cœur ?

– Je l’ai pas appris, j’ai lu la Grosse Larousse six fois. Elle est sur l'étagère là-bas, avec ses deux mille pages. Quand c'est la journée, un rayon du soleil passe dans le coin du grenier. Alors, je peux lire. Sinon je m'ennuierais trop. Je me cache ici depuis trois semaines, tu sais ! Et d'abord, je suis plus une PETITE fille ! Ma maman, elle m'appelle sa GRANDE fille ! Et mon nom c'est Ilana Elfang.

– Grande Ilana Elfang, je suis enchanté et honoré de faire ta connaissance.

– Merci Monsieur Pégase, vous êtes tout poli. Votre maman elle doit être très gentille et intelligente !

– Hé bien, je ne pense pas que ce soient ses principales qualités...

– Ha bon ?

– Ma mère fut un vrai monstre qui mangeait des gens en faisant « Graou » et « Miam, des humains ! ».

– Pauvre Pégase !

– Avant de devenir un monstre, elle fut humaine.

– Et ton papa ?

– Lui… un dieu.

– Le Bon Dieu ? T'en as de la chance !

– Pas « le Bon ». « Un » dieu.

– Pourquoi ? Je comprend pas, les gens il me disent qu’il n’y en a qu’un de Dieu. Même qu’il sert à rien, comme il veut pas arrêter la guerre. Pourtant, j’arrête pas de lui demander avec « amène » ! Amène la paix, Dieu, amène ! !

(...)

Cygne - extrait

Extrait du roman "Cygne"

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Sabyrinthe - extrait

Sabyrinthe est un conte de noël écrit pour mes amis (et envoyé en PDF par courrier fin 2007)




En voici un extrait :


J'adore la neige. C'est froid, ça colle, ça craque sous les pieds en se tassant. Dans le parc, il y a de quoi faire des boules, pas assez pour un bonhomme. Dommage, si j'avais pu, je lui aurai mit un gros poireau à la place du nez. Pourquoi on empiffe toujours des carottes aux bonshommes de neige, à la fin ? Pour que les lapins les mangent ? Le poireau, c'est tellement dégueu et plein de fils que personne ne peut y toucher ! Pas même les lapins. Nello m'ennuie, il ne connait que des jeux pour gamins pas drôles et je suis censée le surveiller. C'est mieux que d'y aller avec maman et papa, pour sûr, mais... On appelle ça être l'ainée. L'ainée, c'est quand tu paies les bêtises de tes frangins et frangines plus jeunes que toi.
Tantôt il saute partout, tantôt il gobe des flocons. Sympa, le gobage de flocons, mais je préfèrerais manger des nuages. J'ai toujours voulu savoir quel gout ils ont, et à quoi ils ressemblent, là haut. Comme une grosse nappe de brouillard ? Ou une crème chantilly ? Nuages ? Vappes ? ... Et Nello a disparu...
Je l'appelle. Une fois. Rien. Deux fois. Nada. trois fois. Niente
Pourquoi on a couru à l'autre bout du parc ? Les petits frères, il faudrait leur coller un collier et les tenir en laisse ! Ça éviterait ce genre de problèmes !
- Nello ?
- Ici !
La voix vient d'au dessous. Je suis sur le pont de bois qui enjambe un ruisseau gelé. Peu rassurée, je marche au pied du pont pour glisser sur la glace qui fut ruisselante. Mon pied droit s'échappe ! Et le pont n'a pas de pantalon où me rattraper ! Stupidement affalée, j'ai froid aux fesses, honte comme si j'avais pissé dans ma culotte. Nello en rajoute une couche à se marrer. - Je ne viendrais plus jamais te chercher, enfoiré !
- Tant mieux, je vais garder la lampe à génie pour moi tout seul !
- Quelle lampe à génie ?
- Je l'ai trouvée ! C'est la mienne-euh !
Je m'aide des mains pour progresser sur le ruisseau de glace et agripper la jambe droite du pont. Le temps de le contourner, Nello masse dejà le pont avec ses pieds. Il brandit sa vieille lampe comme s'il s'agissait du dernier tome d'Harry Potter. Rien à voir avec celle d'Aladin. Une vieille lampe à chevet pour grand-mère, décorée de motifs à fleurs usés. Il manque même l'ampoule, clairement un objet inutile. Mon petit frère est en extase.
- Je vais la frotter et le génie apparaîtra !
- C'est ça oui... tu vas lui demander une greffe de cerveau ?
- Jalouse !
- Crétin !
- Grande dinde !
- Je souhaiterais être fille unique, pauvre débile !
"Pouf" !
Une violente rafale de vent me jette à terre. Il est apparu dans un barouf d'avion à l'atterrissage, le canard-bouée blanc qui a faillit me renverser. Pardon... le quoi ?
- Coin ! Ch'avez retrouvé le briquet de minch maître. Coin. Che prend, ch'repart.
Je sens le bois gelé du pont sous mes mains. Il fait toujours aussi froid, et mon pantalon reste mouillé là où il ne faudrait pas. Incroyable ! Je me frotte les yeux comme après une bonne nuit de sommeil, l'impossible palmipède se dandine à ma droite. Il déploie ses courtes ailes pour redécoller. Si seulement j'avais des bouts de pains à lui lancer, pour qu'il reste ! Mais au fait... il parle !
- Attends !
- Choui ?
- T'es un canard blanc géant qui parle ? Je ne rêve pas ?
Oui ma chère. Et ch'bandeau de pirate que ch'porte là, ch'un chouvenir du chour où ch'ai pêché un echpadon à la canne. Pourcoin ?
- Bien sûr... Tu tires le traîneau du père Noël aussi ?
- Non. C'h'un travail pour chaut gradé. Moi, chuis la monture perchonelle du Père Gromelle.
- De qui ?
J'ai pensé avoir tout vu avec ce canard... quand apparait un petit satyre barbu à pieds de cochon, queue de cheval, doté d'un ventre plus énorme qu'un sac de...
- Quoi, quoi, quoi ? Tu m'traite de satyre moi ? Je suis le seul, l'unique, le Père Gromelle ! Du respect, ma petite ! Tu t'adresses à quelqu'un de 400 fois plus âgé que toi !
- Le Père Gromelle ?
- Ouaipe. Un autre commentaire sur mon poids et Cointard te bouffe les cuisses !
- Excusez-moi...
- T'as retrouvé mon briquet, je te pardonne. Pour cette fois. On met les voiles, Cointard !
Le Père Gromelle presse un bouton de l'étrange lampe à grand-mère pour en faire jaillir une flamme digne d'un chalumeau. Il allume le postérieur emplumé de sa monture, prête à s'envoler en pétant le feu. Nello ne se manifeste toujours pas. Curieux de sa part. Regard circulaire. Le pont, la glace, l'herbe givrée, le parc aux Oiselles, mais ... Nello n'y est plus !
- Attendez !
Le père Gromelle stoppe Cointard en lui battant le popotin de sa propre queue. Le canard-pirate pousse un cancanement de dépit.
-Quoi ? Grommelle Gromelle.
- Mon frère ...
- Pas de réclamations ! Assumes ton vœu ! Nounouter des gamines impulsives, très peu pour moi !
- Mais... qu'est-ce que mes parents vont dire ? Vous êtes un génie, père Gromelle ? Je souhaite que mon frère revienne ! Il me restera un vœu !
- J'ai pas de diplôme de génie ! Jamais réussi à me changer en fumée pour entrer dans une lampe à huile, et y habiter n'a rien de confortable ! Ça pue, l'huile ! Quant aux génies de la bouteille, ils ont droit à un fût imbibé de liquides bizarres ! Pourquoi crois-tu que je postule premier génie de la lampe de chevet ?
- Pour devenir une lumière ? Heuuu... excusez-moi... Vous pouvez faire quelque chose pour mon frère ?
- C'est ta faute, tu te dé-mer-deuh ! Grogne t'il en me pointant du doigt.
- Vous avez bien une idée de l'endroît où...
J'embrasse le sol quand le père Gromelle et Cointard disparaissent, laissant pour seul souvenir une plume blanche qui retombe lentement sur la glace en papillonnant...

Le Triathlon - extrait

Je dois vaincre pour le Triathlon. Cette épreuve est mienne. Elle existe grâce à un appareil que j'ai inventé avec mon meilleur ami, Sherkhet.
Une autre longue histoire. Je suis fatigué. Faire le chat sur une couette en repensant au passé ? Sage décision. Rollback du cerveau. Me voilà revenu 10 ans en arrière, alors que j'étais le chronochercheur Impérial. Je travaillais à la manipulation du temps, en somme. Si, si, le temps se manipule. Jours après jours, j'ai appris que nous avons bien plus de pouvoirs qu'on ne le croit. Le temps... Imaginez le comme un fleuve, un grand fleuve composé de milliards de gouttes. Vous êtes celui qui tient le robinet de ce fleuve d'une main ferme. Mon travail, c'était de contrôler le robinet de l'écoulement du temps, pour permettre à la flotte spatiale de mon bien-aimé Empereur de vaincre les incroyables distances entre les 2 planètes colonisées de notre système. Syrang et Yin-Dar.

Je suis le chronochercheur du système impérial Syrang. Toute ma vie, j'ai apprit un seul et unique métier choisi par le conseil de l'Empereur. Ainsi, n'existent ni concurrence, ni chômage chez moi, chacun est à sa place, chacun est heureux d'accomplir la tâche qui lui a été assignée à vie dès l'âge de 6 ans, suite au grand Psychotest. Il paraît que je suis un homme intelligent, pour quelle raison ? Je l'ignore encore. Mes parents travaillent tous les deux dans les rizières de la région-grenier sur Yin-Dar. Je suis issu d'une lignée paysanne, aucune raison génétique n'aurait dû faire de moi un chercheur. A 6 ans, j'ai quitté mes parents et ma planète d'origine pour l'Imprécole, école d'apprentissage impériale des métiers, si ma mémoire est bonne. J'y ai appris toute la théorie, mais quand vint le temps de passer à la pratique, je piétinais désespérément.
En tant que chercheur, il me suffisait de claquer des doigts pour obtenir financement, matériel ou assistants, mais je faisais mon travail sans passion, sachant qu'il servirait un but égocentrique. Propulser les vaisseaux de l'Empereur vers la planète-vacances, Yin-dar, ou l'autre monde, la Kayer des Eyristains, pendant que nous restions enchainés à nos gris appartements des blocs-cités, sans même une fleur aux fenêtres ? C'était injuste. Dès que ce sentiment d'injustice se faisait trop lourd, je prenais une dose de phoriaze ou de broisie, et je repartais à mes travaux, complètement requinqué.

Je n'avais pas le choix. Chaque année, il me fallait rendre des comptes à la hiérarchie. Que je cesse de produire et l'on m'eut mit en état de mort sociale, la pire destinée pour un Syrang spécialisé comme moi.

Sherkhet m'a sauvé...

Je me souviens de notre première rencontre comme si c'était hier. Dans le parc du bloc cité. Assis sur un banc de pseudobois, je sortais un sandwich au poulet industriel, vous savez, ceux qui ont 4 cuisses et pas de plumes. Les génétistes les ont inventé avant les poules à l'anus carré, celles qui pondent des œufs cubiques. Un gain de place évident. Je mangeais et les moins-de-six-ans balançaient le sable des bacs, tournoyaient dans les tourniquets, s'envolaient sur la balançoire. Je songeais à combien leur bonheur pouvait être grand avant que les horribles mâchoires du système ne les broient, ne les modèlent en parfaits travailleurs pour les besoins futurs de Syrang. Drogués au Phoriaze ou à la Broisie.

« Ce n'est pas au système de soumettre les Hommes. Nous devons soumettre le système » pensai-je.

- Tu penses ? Moi, je le dis !

Mes yeux se tournèrent vers la droite. Une grosse quinquagénaire s'était étalée sur le dossier du banc, ses petits yeux rêveurs accrochaient l'holopub, notre projection permanente entre terre et nuages. Celle qui cache le soleil

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